mercredi 17 mai 2017

Étudier seul(e)


Lorsqu'une personne s'inscrit dans un club d'arts martiaux ou un dojo, elle pense de suite à un professeur, un maître, un guide ainsi qu'à des camarades de sueur, de travail studieux et de douleur. Elle pense à la camaraderie, à la joie de retrouver des pratiquants d'autres clubs au travers des stages, avec lesquels se sont tissés des liens forts!

Il est facile d'oublier que les arts martiaux c'est aussi (et surtout diraient certains) travailler seul(e)...

Il suffit de lire Maître Maroteaux qui nous dit que pendant des heures et des heures, il a travaillé ses entrées au Judo avec pour seule compagnie une chaise! C'est quelqu'un d'exceptionnel, me direz-vous. Un vrai passionné qui a voué sa vie aux arts martiaux! Soit. Parlons alors des hauts gradés qui, une fois le Godan en poche, s'entendent dire que c'est fini, que le Maître n'a plus rien à leur apprendre. Maintenant, c'est eux leur propre professeur! Ah? Eux, ce sont des hauts gradés? Cela fait plus de vingt ans qu'il suivent le Maître? Ils sont prêts pour ça? Peut-être... Je ne sais. Que dire alors de ces gens qui, par obligations professionnelles, déménagent loin d'un club? Ou plus près de nous : nos instructeurs. Ces gens en Keiko-Gi bleu qui prennent de leur temps pour nous transmettre leur savoir, qui les instruit? Qui les entraînent? Il y a bien sûr le stage annuel des instructeurs, mais la majorité de leur travail se fait seul!

Dans la vie d'un pratiquant, travailler seul est un passage obligé et en même temps, une épreuve. Cette épreuve nous met face à notre passion, à notre rigueur. Bref, elle nous met face à nous-mêmes. Elle est le reflet du pratiquant que l'on est ou celui que l'on devient.

Mais c'est aussi un moment de création ou de recréation! Nous avons la chance d'avoir des supports et des stages! Mais l'observation, la synthèse et le travail restent nos meilleurs alliés pour transformer l'image en mouvements efficaces. Nous sommes, de plus, obligés de nous poser beaucoup de questions, de tenter, de nous tromper, de réapprendre pour comprendre nos faiblesses, nos forces et finalement notre façon de faire et d'être.

Ainsi, même si le travail solitaire n'est pas envisagé au début de la pratique d'un art martial, c'est un passage obligé qu'il faut craindre autant qu'apprécier car c'est face à ce miroir de nous-mêmes que nous serons capables de nous comprendre et d'évoluer au maximum de nos capacités.

Arnaud Cei Saurel

Crédits Photos : Patrick Kopp

(Première édition : 08/03/2013)

mercredi 10 mai 2017

Ah, les questions des non-initiés...


En début d'année, lorsque nous accueillons avec plaisir des personnes qui s'intéressent à nos arts, beaucoup de questions sont posées. Des simples aux plus surprenantes, en passant par celles qui frôlent le manque de politesse. En voici quelques-unes accompagnées des réponses faites par notre professeur René Pachurka.

Bonne lecture.

Tanguy Endenmann



- L'Aïki-Jujutsu, c'est quoi ? Quelle est la différence avec l'Aïkido ?
René Pachurka : "Pour répondre simplement et rapidement, à l’origine c’est une même école, celle des Takeda, mais Morihei Ueshiba, le fondateur de l’aïkido, ayant eu au cours de sa vie une vision, il changea cette école en une philosophie corporelle visant à neutraliser son adversaire sans lui faire de mal et à se diriger vers une paix et un amour mondial. L’Aïki-Jujutsu est resté une école de combat qui vise surtout à l’efficacité en ayant gardé les techniques d’origine des champs de bataille, ce qui ne veut pas dire qu’elle n’a pas de philosophie, car elle se rapproche de la pensée chevaleresque européenne : servir le bon droit, la justice, et protéger le faible. Mais pour cela, il faut se séparer des rêves et être un guerrier avant tout. L'Aïki-Jujutsu est un art de combat, une méthode pour avoir la supériorité sur un attaquant ou plusieurs qu’ils soient armés ou non, et c’est ce que nous apprend notre Maître, c’est pourquoi notre école s’appelle Maroteaux Ha du nom de celui qui a eu l’autorisation japonaise de la divulguer et de l’enseigner."

- A quoi cela peut-il bien servir aujourd'hui ?
René Pachurka : "Aujourd’hui, les agressions sont de plus en plus nombreuses, et cela dans tous les pays. Il vaut mieux savoir se défendre si l’on veut vivre en paix."

- Pourquoi entretenir cet aspect traditionnel de l'art martial ? Est-ce que les techniques sont vraiment encore utilisables aujourd'hui ?
René Pachurka : "La tradition est un héritage dont il convient de ne pas changer les formes, c’est un témoignage historique qu’il faudra rendre à nos enfants dans l’état que nous l’avons nous-mêmes reçu de nos anciens. Les techniques que nous apprenons humblement, ont fait leurs preuves sur les champs de bataille et seront telles que Maître Maroteaux nous les transmet : toujours d’une efficacité redoutable. Quant à la tradition, elle est la barrière qui nous sépare de l’homo vulgaris et change notre esprit et notre vision du monde; celui qui ne peut comprendre cela, ne peut comprendre les arts martiaux surtout japonais ou chevaleresques."

- Il y a d'autres choses comme le Krav Maga qui m'ont l'air quand même plus efficaces que l'Aïki-Jujutsu...
René Pachurka : "L’efficacité ne peut se traduire quel que soit l’art de combat, que par la survie et l’intégrité de celui qui a subit une véritable agression ayant mis sa vie ou celle des siens en danger."

- Je veux apprendre à me défendre rapidement. Je n'ai pas envie de passer des heures et des heures à apprendre. En combien de temps saurais-je me défendre ?
René Pachurka : "Pour apprendre à se défendre rapidement, il faut faire fi des lois de notre pays et se procurer une arme à feu au marché noir pour probablement terminer votre vie en prison; apprendre rapidement quelque chose de cette importance n’existe pas, si vous trouvez une personne qui prétend le contraire... méfiez-vous... il y a de nos jours dans ce domaine de nombreux charlatans. Pourquoi les commandos et autres forces spéciales s’entraînent-ils longtemps et souvent ???"

- Pourquoi il n'y a pas de compétition chez vous ? Ca permettrait pourtant de mettre en pratique ce que vous apprenez...
René Pachurka : "Dans un vrai combat, il n’y a pas de règles, dans les compétitions il en faut !! C’est toute la différence."

- Tout le monde peut en faire ?
René Pachurka : "Tout le monde peut en faire, avec un certificat médical cela va de soi, mais encore à son niveau et avec respect des règles médicales et des individualités."

- C'est dépassé vos jupettes... Pourquoi les conserver ?
René Pachurka : "Les jupettes comme vous dites, sont des pantalons encore en vigueur au Japon pour des cérémonies officielles. Elles font partie de l’histoire japonaise ancienne et actuelle, toujours la tradition."

- Vos démonstrations au sabre, c'est bien sympa, mais vous ne vous promenez pas toute la journée avec votre arme, n'est-ce pas ?
René Pachurka : "Et pourtant si... nous avons deux sabres continuellement avec nous, nos bras qui à force de travail et d’entraînement sérieux se bougent exactement comme deux katanas."

- Je n'ai pas envie d'apprendre le sabre ou le bâton. Suis-je obligé d'en faire ?
René Pachurka : "Pour répondre à votre question sur les bâtons ou les sabres, si vous vous remémorez ce que je viens de vous dire, vous avez votre réponse."

- Je n'aime pas saluer la photo de quelqu'un qui est vivant. Je ne le connais même pas. C'est obligé ?
René Pachurka : "Pourquoi ?? Vous dites seulement bonjour aux morts ?"

- Votre système d'élève qui obéit à son professeur, je trouve cela anti-démocratique. Pourquoi le conservez-vous ?
René Pachurka : "C’est un art d’origine militaire et dans une guerre, il n’y a pas de démocratie, et n’oubliez pas que la démocratie est la pire des choses pour gouverner, mais il faut admettre que l’on n’a pas trouvé mieux (Winston Churchill)."

- Vous ne m'apprendrez rien. Je connais déjà bien les arts martiaux, comme le judo et le karaté, et je fais déjà certaines des techniques que j'ai vu chez vous. Pourquoi viendrais-je chez vous ?
René Pachurka : "Vous pensez que je ne vous apprendrai rien, alors c’est que vous êtes au point pour ouvrir votre propre école, et créer votre propre style pour être reconnu comme Maître parmi les Maîtres. Et puisque vous connaissez déjà les arts martiaux, vous savez la signification du KI et de son expression..."

- Votre élève qui tombe au sol devant vous, c'est du cinéma. A-t-il vraiment mal au point de chuter ?
René Pachurka : "Je crois qu’il faut demander cela à l’élève qui tombe mais il y en a qui ne tombent pas, demandez au chirurgien de garde !!"

- Vos arts martiaux sont-ils plutôt internes ou externes ?
René Pachurka : "Les arts martiaux ne sont pas séparables ou alors on ne fait qu’une discipline issue des arts martiaux et non un art de combat."

- Votre échauffement ne me paraît pas adapté. Êtes-vous sûr que le corps est bien chaud pour entamer le travail ?
René Pachurka : "Il n’y a pas d’échauffement dans le combat, mais de simples précautions de notre monde moderne sur le tatami."

- Pourquoi y'a-t-il autant de règles chez vous ? Pour monter sur le tatami, pour commencer le travail avec un partenaire...
René Pachurka : "Les règles font partie de la vie, n’avez-vous pas remarqué ?"

(Première édition : 22/11/2012)

mercredi 3 mai 2017

Pourquoi irais-je m'inscrire à l'Aïki-Club de Metz?


- parce que je veux apprendre à me défendre,
- parce que je veux renouer avec des valeurs qui se perdent : le travail, l'honneur, le dépassement de soi, le don de soi,...
- parce que je veux découvrir des arts de guerre venus de l'époque médiévale japonaise,
- parce que je veux découvrir la mentalité japonaise à travers ce qu'ils ont développé pendant des siècles, à savoir l'art du sabre,
- parce que je veux vivre une expérience humaine et martiale qui ne me laissera pas indifférent, mais me laissera différent,
- parce que, tout en apprenant les arts martiaux traditionnels, je veux apporter ma pierre à l'école Takeda-Ryu Maroto-Ha.

A chacun sa ou ses (bonnes) raisons.

Tanguy Endenmann
Président de l'Aïki-Club de Metz

Photo : Patrick Kopp

(Première édition : 26/08/2012)

vendredi 14 avril 2017

Les arts martiaux messins à leur apogée ?



L'Aïki-Club de Metz a une nouvelle fois eu le plaisir et le privilège d'accueillir, au sein de son Dojo de l'Abbé Risse, Maître Roland Maroteaux, 9e Dan Hanshi, l'expert à la tête de l'école Takeda-Ryu Maroto-Ha. La cité messine est en effet devenue un lieu incontournable pour l'organisation des stages régionaux, ce qui démontre la qualité de notre organisation et nous en sommes très fiers !

Le Maître a ainsi dirigé des cours en Aïki-Jujutsu (défense à mains nues) et en Iaïdo (l'art du sabre japonais par excellence), les 8 et 9 avril derniers, pour le plus grand plaisir des élèves et hauts gradés français, belges et même suisses. Saluons d'ailleurs la présence de Senseï Olivier Gustin, 6e Dan, et de Senseï Sylvain Binoist, 4e Dan, Conseiller technique WTMF pour la Suisse. 

Au programme de ces deux jours de stage : renforcement de la posture, un thème cher au coeur de Me Maroteaux, découverte de nouvelles techniques pour bon nombre d'entre nous, etc... dans une ambiance studieuse et pourtant détendue, les pratiquants étant heureux d'être présents et de travailler dans les meilleures conditions.



De nouveaux grades, des conseils et des remerciements

Et notre week-end s'est conclu de la plus belle des manières : trois de nos élèves ont réussi les tests passés juste avant le cours du dimanche matin. Examinés par trois hauts gradés, Olivier Gustin, Sylvain Binoist et notre Professeur, Senseï René Pachurka, 4e Dan, ils ont passé avec succès chacune des étapes pour démontrer leur niveau technique et mental en Aïki-Jujutsu. Louise Cadona et Jean-Pierre Brion sont ainsi reconnus Shodan (ceinture noire) et Cyril Covelli, Nidan (deuxième Dan). Toutes nos félicitations et nos encouragements pour la suite, car ils vont devoir maintenant se montrer dignes de leur niveau !

Notre rendez-vous s'est terminé avec les recommandations de Me Maroteaux quant à notre pratique et aussi sur le rappel du Taïkaï, le grand événement qui réunira fin juin en Belgique tous les pratiquants de notre école au niveau mondial !

Pour l'instant, l'heure est au bilan : notre stage régional s'est déroulé sans le moindre accroc. Pour cela, je tiens à remercier l'ensemble du bureau de l'Aïki-Club de Metz, ainsi que les bénévoles qui n'en font pas partie, qui ont donné de leur temps et de leur énergie pour m'aider à organiser comme il se devait cet événement.

Mes remerciements vont aussi à Gisèle Thirriard, présidente des Amis du Japon et à Robert, son époux, pour leur concours, leurs efforts et le prêt de leur magnifique Torii.
Je remercie également Yacine Saidani, directeur local des formations à la Protection Civile de la Moselle (antenne de Montigny-lès-Metz) pour avoir dépêché une équipe sur le week-end. Ils participent à la sérénité de notre pratique.
Je terminerai par remercier M. Belhaddad, adjoint au Maire, et M. Larrière, du Service Equipements Sportifs, pour leur aide précieuse, leur compréhension et leur rigueur.

Rendez-vous l'année prochaine !

Tanguy Endenmann
Président de l'Aïki-Club de Metz

Photos : Patrick Kopp
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